Bilan au premier tour – 56 degrés • Manuel Caballero • Photographe

Bilan au premier tour

23/04/2017

C’est déjà le début de la fin de mon tour de France à la rencontre des électeurs. C’est un grand succès personnel, humain, amical, géographique, cycliste, j’espère aussi sur le contenu que je vous livre quotidiennement, mais cela sera à vous de juger ce dernier point !

Cependant ma nature joyeuse, positive et enthousiaste ne peut pas cacher un grand désarroi. La première raison est liée à la question posée sur mon vélo, « Qu’attendez-vous de l’élection Présidentielle », j’ai croisé tellement de Français me répondant « rien ». Ils (nous) sont (sommes) désabusés et si cela n’est pas une nouveauté, y être confronté quotidiennement est parfois triste.

La seconde raison sont les effets de radicalisation et la polarisation de certains Français qu’accentuent très fortement les réseaux sociaux, plus investis dans le bashing de l’autre candidat, la promotion de fausses nouvelles que de défendre les programmes de leurs favoris. On sait pourtant que cela ne marche pas !

Au rang des regrets, je suis déçu d’avoir rencontré peu d’électeurs de Marine Le Pen et encore moins de François Fillon venus naturellement à moi. J’avoue avoir raté un article sur Vincent à Antibes, qui m’avait très bien expliqué son vote FF, à cause de ma fatigue et en conséquence de mon manque de concentration le jour de notre rencontre. C’est le seul à m’avoir abordé, les autres étaient des gens qui m’hébergeaient que j’ai pris le parti pour différentes raisons de ne pas impliquer mes hôtes dans ce projet. J’en viens à me demander comment la gauche pourrait ne pas remporter l’élection en comptant le nombre de gens voulant voter JLM aujourd’hui.

Je m’interroge sur les raisons de constat. Est-ce la manifestation de la « Great Silent Majority » théorisée par Nixon en 1969, concept réutilisé par N. Sarkozy en 2012 ?

Est-ce mon parcours politique, plutôt de centre droit qui m’a incité à aller à la rencontre de gens différents de moi ? Ce serait une belle raison, moi qui milite pour la bienveillance et une approche transpartisane.

Je n’ai pas de réponse encore à apporter à cette question.

On m’a souvent demandé mon pronostic durant ce voyage. Au matin du premier tour, je vais vous le donner, c’est une pure intuition, rien de scientifique ou méthodologiquement comptabilisé dans mes rencontres : JLM/FF. Plus simplement, je pense que MLP et notamment EM sont surestimés.

En conclusion, je pédalais l’autre jour et je me suis arrêté devant cette maison pour la photographier, bien évidemment en raison du drapeau suspendu à la fenêtre. La rencontre qui avait achevé de me convaincre de partir pour ce voyage était celle d’un électeur médocain, la péninsule au nord de Bordeaux, qui, lorsque je lui avais demandé pour qui il allait voter, m’avait répondu « bleu blanc rouge… (?) Marine ! »

La vision de cette maison bouclait en avance une boucle que je ne finirai que dans 2 semaines à Paris. Mais pourquoi avons-nous abandonné nos couleurs à un camp ? Pourquoi porter un drapeau français est-il associé à ce camp que l’on a laissé s’approprier les valeurs et une partie de l’histoire à tel point qu’il est devenu honteux de porter ce drapeau ou de l’afficher sauf les lendemains de drames nationaux ?

Et bien pas pour moi. Vous n’avez qu’à regarder mon logo, nos couleurs j’en suis fier, sans haine ou mépris (dans l’esprit bienveillant des entretiens que j’ai menés avec toutes les sensibilités), je peux cependant vous dire que je ne vote pas pour CE « bleu, blanc, rouge ». Quant à vous, allez voter !

Ce soir les résultats de ce soir vont-ils changer le voyage ? Et bien rendez-vous dans les prochains jours.

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